Mikati from Baabda: Independent Center Bloc did not nominate anyone to head government

NNA - Former PM Najib Mikati announced, after meeting President of the Republic, General Michel Aoun, that his bloc, the Independent Center, did not name anyone as head of government.

Mikati said after the meeting: "Finally, the binding consultations, that we were calling for, took place and during the fifty-day period we noticed how things developed as each day of delay cost a great deal on the economy and social conditions of all Lebanese. In the Independent Central Bloc, which will soon participate in the consultations, we discussed this morning the issue of naming and set standards for the Prime Minister who is ready and who has expressed his willingness to take on this difficult task. And the criteria are the capabilities of this person, his attendance, and his representative capacity. Frankly, despite my personal respect for the two subjects, we did not find anyone with these specifications, and therefore we did not name anyone and veiled the designation".

Replying to a question Mikati said "With all my respect for people and my friendship with them, in this period we need an exceptional person with an exceptional team. I do not want to frustrate the hopes of the Lebanese, but I have doubts that none of the parties can take over at this stage".

"We are not talking about the Sunni or Christian cover, and I remind you that Prime Minister Hariri asked to delay consultations because the Lebanese forces and the Free Patriotic Movement refused to name him, and therefore this matter should be a message that we are not satisfied with the name that landed by parachute" Mikati stated.
Replying to another question the Former PM stated "It is the path of things which determines the name, and if the designation is all of one color, then it will be a Government of one color. As for the comparison between the conditions for forming my Government and the current conditions, it is not suitable, because the situation is much more difficult, and I remind you that I spoke about capabilities, attendance and representation. You must compare to know how the conditions are different".

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À Tripoli, le grand malaise des sunnites
Monday, Nov 13, 2017

Le Figaro - Sunniva Rose

À TRIPOLI, deuxième ville du Liban, le souk historique est étrangement calme. « Depuis la démission du premier ministre Saad Hariri, mes clients se font rares », observe Omar Namel, dans sa bijouterie aux murs centenaires héritée de son grandpère. Dans une déclaration inattendue qui a surpris jusqu’aux membres de son propre camp, le premier ministre a démissionné de son poste le 4 novembre, à partir de l’Arabie saoudite, en dénonçant la « mainmise » du Hezbollah chiite et pro-iranien sur son pays. Saad Hariri, qui représente la communauté musulmane sunnite dans un pays multiconfessionnel, n’est toujours pas rentré au Liban, laissant planer le doute sur sa liberté de mouvement. Selon le pacte national de 1943, le premier ministre est toujours sunnite, le président du Parlement, chiite, et le chef de l’État, chrétien maronite.

La décision du premier ministre laisse perplexe la ville de Tripoli, à 80 % sunnite. « Voir démissionner Saad Hariri à la télévision était choquant. La communauté sunnite se sent exposée et en danger », confie le maire de Tripoli, Ahmad Kamareddine. Tandis que le Hezbollah s’est mué en véritable armée régionale depuis son engagement aux côtés du régime syrien, les sunnites ne disposent pas de milice armée au Liban. Le malaise envers les déclarations récentes de l’Arabie saoudite, allié traditionnel des sunnites libanais, se ressent dans les silences et le flou des réponses. Lundi, le royaume wahhabite a estimé que le Liban lui avait déclaré la guerre en raison de ce qu’il considère comme des agressions commises en Arabie saoudite par le Hezbollah. « Certains sunnites sont prêts à prendre les armes, mais je ne pense pas que l’Arabie saoudite va leur en fournir », concède Ahmad Kamareddine. De nouveaux troubles mettraient en péril les ambitions de Tripoli qui cherche à se positionner comme l’une des principales portes d’entrées pour la reconstruction de la Syrie post-guerre.

Ingérence du Hezbollah

Pour le mufti de Tripoli, Malek el-Chaar, la démission de Saad Hariri était nécessaire vu les pressions que lui faisait subir le Hezbollah. « Le Hezbollah est un cancer pour le Liban, mais il faut traiter les problèmes du pays sans tuer le malade. Les grandes puissances doivent user de moyens diplomatiques et économiques pour trouver une solution pacifique. » Dans le centre-ville, l’ambiance est plutôt au ras-le-bol des politiques. « J’ai honte pour le Liban. Nous méritons mieux que ça », déplore Omar Namel. Dans cette ville considérée comme la plus pauvre du Liban, où environ un tiers des hommes en âge de travailler sont au chômage, la loyauté politique se négocie le plus souvent en nature, soit en pots-de-vin, soit en services.

D’autres hommes politiques sunnites profitent du vide laissé par le départ de Saad Hariri pour s’imposer dans la ville, comme Achraf Rifi. Ancien ministre de la Justice, il a démissionné en février 2016, dénonçant l’ingérence du Hezbollah dans les affaires intérieures libanaises, avant d’imposer sa liste aux élections municipales quelques mois plus tard. Dans le souk du cuivre, de nouvelles affiches à l’image d’Achraf Rifi, candidat aux législatives de 2018, entouré du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, sont en train d’être montées, signées par l’un des commerçants du quartier, Abu Yassine Charaf elDine. « Je vendrais ma maison pour Achraf Rifi s’il le faut. C’est le seul qui est vraiment contre le Hezbollah, et avec l’Arabie saoudite », déclare celui qui affirme avoir payé 10 000 dollars pour ces affiches.

Une attitude qui désole Moustapha Allouche, ancien député de Tripoli et membre du bureau politique du Courant du futur, le parti de Saad Hariri. « Nous n’avons pas besoin de dirigeants charismatiques comme Assad ou Mohammed Ben Salman. Il nous faut des hommes d’État. C’est ce qu’a essayé de faire Saad Hariri, mais on n’a pas arrêté de l’en empêcher, de dire qu’il ne protégeait pas assez l’intérêt des sunnites. »

Sans premier ministre, le Liban pourra-t-il organiser les premières élections législatives en neuf ans, annoncées en juin dernier pour le printemps 2018 ? Pour Najib Mikati, qui assure qu’il ne briguera pas la succession de Saad Hariri, leur tenue est essentielle pour assurer une forme de stabilité au pays. « Je suis contre le vide. Un gouvernement intérimaire, dont les membres ne se présenteront pas aux élections, devrait expédier les affaires courantes jusqu’aux élections. C’est seulement après les résultats que nous pourrons avoir une vision claire de qui sera le prochain premier ministre. »

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